Alain Montcouquiol, qui torea sous le nom de Nimeño avant que son frère Christian ne devienne Nimeño II, est mort le jeudi 5 novembre 2026. Il avait 81 ans. Pionnier de la tauromachie française, il était devenu après la disparition de son frère un écrivain reconnu, publié par les éditions Verdier.
Un Auvergnat devenu nîmois
Né dans le Puy-de-Dôme, Alain Montcouquiol arrive à Nîmes à 9 ans, quand sa famille s’installe dans la ville. C’est là qu’il découvre les toros. Dans les années 1960, il fait partie des tout premiers Français à tenter leur chance dans un milieu alors presque exclusivement espagnol.
Il part en Espagne avec son ami Simon Casas, aujourd’hui directeur des arènes de Nîmes. Les deux jeunes Nîmois courent les novilladas autour de Madrid avec l’espoir de devenir matadors. La route est rude : dès 1963, ils dénoncent la difficulté pour un torero français d’être engagé dans les novilladas officielles et appellent leurs compatriotes à se regrouper. En 1968, tous deux sont lauréats de la Fondation de la vocation.
Dans l’ombre de Nimeño II
Sa propre carrière ne décolle pas, mais Alain reste dans le métier. Il accompagne de très près celle de son jeune frère, Christian Montcouquiol « Nimeño II », qui devient l’un des plus grands toreros français. Cette aventure s’arrête le 10 septembre 1989 aux arènes d’Arles : renversé par un toro, Christian se blesse aux vertèbres cervicales et reste paralysé. Il met fin à ses jours en novembre 1991, dans sa maison de Caveirac.
Alain Montcouquiol a aussi pris en main, pendant plusieurs saisons, la carrière du matador nîmois Thomas Joubert « Tomasito ».
L’écrivain de « Recouvre-le de lumière »
Après la mort de Christian, il se tourne vers l’écriture. En 1997 paraît Recouvre-le de lumière, dans la collection « Faenas » des éditions Verdier : le récit de la vie et de la mort de son frère. Le livre s’est vendu à plus de 15 000 exemplaires et a été adapté au théâtre. Il est devenu une référence de la littérature taurine.
Suivront chez le même éditeur Le sens de la marche (2008), Le fumeur de souvenirs (2012) et La bonne distance (2021), consacré aux jours heureux passés aux côtés de Christian.
Les hommages
Simon Casas, son compagnon des débuts, lui a rendu hommage dès l’annonce de sa mort. Le maire de Nîmes, Vincent Bouget, a adressé au nom de la Ville ses condoléances à sa compagne Françoise, à sa famille et à ses proches. L’ancien maire Jean-Paul Fournier a lui aussi salué sa mémoire.
La date des obsèques n’a pas encore été communiquée.
Sources : France 3 Occitanie, Objectif Sud, Mundillo Taurino, éditions Verdier. Photo : © Marc Voinchet, portrait publié par les éditions Verdier.