Comment se déroule une corrida ?



Vous vous apprêtez à voir votre première corrida ou vous souhaitez simplement faire une petite révision ? Voici une petite explication très simple du déroulement d’une la corrida.

Petite astuce, tout au long de votre lecture des liens vers le lexique vous permettront d’approfondir et de connaître la définition des termes espagnols utilisés en tauromachie.

Le sorteo

La corrida débute par la sorteo, il a généralement lieu le jour de la corrida aux alentours de midi. Il permet de déterminer un lot de 2 toros pour chaque matador. Il faut savoir que dans son format normal, une corrida est programmée avec 3 matadors pour 6 toros. Il existe également les Mano a Mano (2 matadors pour 6 toros) ou plus rare le seul contre 6. (1 matador pour 6 toros).

Les corridas de rejón (à cheval), les corridas mixtes (rejoneador + matadors), les corridas Portugaises (avec les forcados) et les corridas goyesques sont d’autres variantes de la corrida.

Le paseo

Après le sorteo vient l’heure de la corrida. La corrida est officiellement lancée par le paseo. Le paseo est un défilé de tous les protagonistes de la corrida. Les premiers à entrer en piste sont 2 cavaliers appelés les alguazils. Sous l’autorités du président, ils sont chargés de faire respecter le règlement taurin.

Se présentent ensuite les trois matadors : Ils sont alignés de gauche à droite du plus ancien (chef de lidia) au plus jeune dans le sens de la marche. Si l’un des matadors se présente pour la première fois dans une arène, il défilera alors la montera à la main. Viennent ensuite leurs cuadrillas composées des peones et des picadors positionnés également par ancienneté. Le paseo se termine avec les areneros et l’arrastre. Le paseo se déroule généralement en musique. A Nîmes c’est sous l’air de Carmen que les toreros sont accueillis.

La lidia

Le combat est divisé en 3 tercios et suit un protocole bien déterminé. Généralement, lors d’une corrida 6 toros sont lidiés.

Le tercio de pique

Après le signal des clarines, le toro fait son entrée dans l’arène. Généralement, ce sont les peones qui reçoivent le toro afin de le tester. Le matador peut ainsi évaluer son comportement avant de le toréer. Le matador entre ensuite en piste et effectue une série de passe à la cape (capote), montera sur la tête.

C’est ensuite l’entrée des picadors. Ils sont chargés de tester la bravoure du toro à l’aide d’une pique munie d’une pointe d’acier appelée puya. Il y a généralement deux ou trois rencontres entre le toro et le picador, mais sur des toros faibles une seule rencontre est suffisante.

Le tercio de banderilles

Après la sortie des picadors, le matador enchaine parfois encore quelques passes. S’enchaîne ensuite la pose des banderilles. Celles-ci sont en principe posées par les peones, mais le matador peut également les poser. Le public peut le réclamer en scandant “Maestro !”. Trois paires sont généralement posées, mais le président peut également en réduire le nombre comme pour les piques.

Le matador a aussi la possibilité d’en demander une quatrième paire. Dans le cas d’un toro manso, qui refuse les piques, qui a fuit les appels de cape, le président peut décider de lui en faire poser des noires dont le harpon est légèrement plus long et qui est une marque « d’infamie ».

Le tercio de mise à mort

Le tercio de mise à mort est le troisième et dernier tercio. C’est le moment de vérité. Seul le matador est présent sur la piste. Il effectue des figures complexes à l’aide de sa muleta qu’il aura échangé contre sa cape. Tout le travail du matador effectué à l’aide de la muleta est appelé la faena. La faena prepare le toro à la mort. Si le travail du matador est de qualité et si le toro est brave, la faena peut se dérouler en musique. A Nîmes c’est la présidence qui fait ce choix. Dans d’autres arènes c’est le public qui décide.

Le matador a 15 minutes pour tuer le toro à compter de sa première passe. 3 avis successifs lui annonceront le temps écoulé. Après le 3ème avis, le toro rentre au toril. Il est également possible que le toro soit épargné s’il a fait preuve d’une très grande bravoure, mais cela n’arrive que très rarement. C’est la présidence qui fait ce choix si le public le demande avec insistance.

Ces 3 tercios sont renouvelés à chaque toro.

Ce qu’il faut aussi savoir sur la corrida

L’orde de passage

L’ordre de passage des toreros dans une corrida dépend de la date à laquelle ils ont pris l’alternative (date à laquelle ils ont été sacrés matador de toros)
Le plus ancien (chef de lidia) combat les premier et quatrième toros, le deuxième par ancienneté combat les deuxième et cinquième toros, le plus jeune affronte lui les troisième et sixième exemplaires.

Les mouchoirs de la présidence

La présidence qui dirige la corrida dispose de plusieurs mouchoirs de couleurs afin de transmettre des ordres.

  • Le mouchoir blanc est utilisé pour lancer le paseo, ordonne la sortie du toro, autoriser la musique à jouer, pour les changements de tercio mais également pour attribuer les trophées aux matadors : 1 mouchoir blanc = 1 oreille, 2 mouchoirs blancs = 2 oreilles, 3 mouchoirs blancs = 2 oreilles et la queue.
  • Le mouchoir vert ordonne le retour au toril d’un toro présentant un défaut ou après le 3ème avis donné au matador.
  • Le mouchoir rouge ordonne la pose de banderilles noires sur un toro manso.
  • Le mouchoir bleu accorde un tour de piste posthume à la dépouille du toro si son comportement a mérité cet honneur.
  • Le mouchoir orange accorde la grâce au toro. C’est l’indulto.