Les arènes de Pamplona ont accueilli hier leur première corrida de la Feria de San Fermín dans une ambiance électrique, malgré un résultat artistique en demi-teinte. Face à des gradins combles, les trois matadors – Miguel Ángel Perera, Alejandro Talavante et Daniel Luque – ont croisé le fer avec des toros de l’élevage Fuente Ymbro, offrant un spectacle contrasté aux aficionados.
Un lot de Fuente Ymbro aux qualités inégales
La matinée avait débuté par l’encierro traditionnel, ces mêmes toros de Fuente Ymbro parcourant les rues de la ville à vive allure. Malgré quelques moments de tension, notamment une dislocation du groupe dans la rue Santo Domingo, le bilan sanitaire est resté relativement clément : six coureurs hospitalisés pour contusions diverses, mais aucune cornada à déplorer.
Déjà lors de cette course matinale de 2 minutes et 37 secondes, les toros avaient montré des comportements variables – un signe annonciateur de ce qui allait se dérouler l’après-midi dans le ruedo.
En effet, si la présentation des toros était satisfaisante, leur comportement s’est révélé très inégal face aux toreros. Les exemplaires les plus nobles furent sans conteste le premier et le cinquième, offrant davantage de possibilités aux matadors.
Des toreros en quête de triomphe
Miguel Ángel Perera a ouvert les débats avec une prestation honorable face à son premier adversaire, saluée par le public. Malheureusement, sa seconde faena n’a pas atteint les mêmes hauteurs, se soldant par un silence des gradins.
Alejandro Talavante, figure charismatique attendue avec impatience, n’a pas trouvé la clé face à ses deux toros. Malgré quelques séquences de qualité, l’ensemble est resté en-deçà des attentes, aboutissant à deux silences.
Daniel Luque a peut-être été le plus régulier des trois maestros, récoltant des saluts pour ses deux faenas. Le torero sévillan a montré des fragments de son toreo classique et profond, sans toutefois parvenir à décrocher de trophée.
Les aciers, ce talon d’Achille
L’histoire de cette corrida s’est en grande partie écrite au moment de la mise à mort. Le maniement des aciers a compromis plusieurs faenas prometteuses, rappelant combien la estocade reste un art difficile, même pour des toreros confirmés.
Cette première corrida de la Feria s’est déroulée dans des conditions météorologiques changeantes, avec l’apparition de la pluie pendant le troisième toro, ajoutant une difficulté supplémentaire aux protagonistes.
Un San Fermín qui ne fait que commencer
Cette ouverture en demi-teinte n’entame en rien l’enthousiasme qui entoure la Feria de San Fermín, l’une des plus importantes et médiatisées du calendrier taurin mondial.
Les aficionados gardent désormais les yeux tournés vers les prochaines corridas, avec l’espoir que la magie de Pamplona opère pleinement lors des cartels à venir. Car si cette première journée n’a pas offert le grand spectacle espéré, la tradition séculaire des encierros et corridas de Pamplona conserve intacte sa capacité à faire vibrer passionnés et curieux du monde entier.
Demain, un nouveau chapitre s’écrira dans les rues puis dans les arènes de la capitale navarraise, perpétuant une tradition qui, malgré les controverses, demeure l’un des événements culturels les plus fascinants d’Espagne.

